Mining and heavy metals pollution – South Kivu

Gilbert Bossissi Nkuba is assistant at UCB and PhD student at the University of Antwerp, Faculty of Biology. Under supervision of prof. Lieven Bervoets and dr. Sara Geenen he is doing research on heavy metals pollution as a result of mining activities. He started his research in January 2016 and provides an overview of the project below.

Picture: Gilbert Bossissi
Gilbert Bossissi at work in the lab at the University of Antwerp

Impact environnemental des activités minières

L’utilisation du Mercure dans l’industrie minière pour amalgamer et concentrer les métaux précieux date de plus de 4000 ans. Ceci a causé des conséquences négatives sur l’environnement, au point où des interdictions d’utilisation de mercure remontent depuis la Rome antique. Hélas, pendant que certains pays ont déjà régulé l’utilisation du mercure dans leurs activités industrielles, la RDC n’a pas encore réussi à mettre en place des stratégies efficientes pour affronter cette menace. Il est bien connu que le mercure est responsable de la mort des organismes de différents espèces, une fois que celui-ci est consommé en doses létales (DL50[1]*=0,1 à 4,7 µg/L d’eau pour les poissons ; 2,2 à 37,8 mg/kg de poids vif pour les oiseaux et 0,25 à 2 mg/kg de poids vif pour les mammifères). S’il est consommé en doses sub-létales, il cause des nombreux effets négatifs, notamment l’inhibition de la reproduction, la réduction de la vitesse de croissance, une plus grande probabilité des maladies hystopathologiques, une faiblesse dans la capacité de capturer des proies, des altérations dans la chimie du sang et les activités enzymatiques, rupture de la fonction thyroïdienne, de la sécrétion des chlorures, et autres fonctions biochimiques et métaboliques chez les poissons. Et des conséquences similaires sont aussi constatées chez les mammifères et les oiseaux[2]. Non seulement, cette pollution représente un danger pour les espèces du terrestre et aquatiques du bassin du fleuve Congo et de la forêt équatoriale (dont nombreuses sont endémiques et d’autres en voie d’extinction), mais aussi l’homme lui-même, n’est pas à l’abri des mêmes conséquences que subissent les animaux. La recherche du CEGEMI se focalise sur différents axes de ce phénomène de pollution :

  • L’analyse des facteurs techniques et socio-politiques qui déterminent la quantité de mercure utilisé dans les zones minières et celle libérée dans l’environnement par ces opérations
  • La quantification du mercure que l’on retrouve dans les eaux des rivières, leurs sédiments ainsi que dans les sols des vallées adjacentes à ces rivières
  • La quantification du mercure absorbé par les poissons de ces rivières polluées et ses effets ; celle absorbé par les mammifères et oiseaux, domestiqués ou sauvages, qui s’abreuvent dans ces rivières ou se paissent dans les vallées de celles-ci ; celle contenue dans les plantes utilisée pour l’alimentation humaine ou comme fourrage, ainsi que les espèces sauvages se trouvant à proximité de ces rivières
  • La quantité de mercure se trouvant dans les tissus humains, plus particulièrement chez les creuseurs, les travailleurs des centres de concentrations (comptoirs) et les ménages consommateurs de certains des aliments ci-haut cités
  • L’efficacité des techniques d’utilisation de certaines espèces d’arbres pour prélever le mercure des vallées et ainsi réduire la charge mercurique des rivières et du fleuve Congo où elles affluent
  • L’importance d’autres métaux lourds (Arsenic et Plomb particulièrement) dans ces écosystèmes et leurs impacts.

[1] DL50 : dose létale d’un produit tuant 50% des individus d’une espèce. [2] Eilser, R., 2004. Mercury Harard from Gold Mining to Humans, Plants and Animals